À CHACUN SON RYTHME

by - March 04, 2021



Plus j'avance dans notre aventure d'instruction au sein de la famille, et plus j'observe, j'apprends et réalise de nombreuses choses en matière d'apprentissage, mais aussi sur la façon dont notre cerveau fonctionne.
Dans ce choix familial nos enfants ont pu développer librement leurs capacités essentielles, celles qui font partie de leur personnalité et de leur équipement neuro-psychologique. Et au fil des années nous avons constaté que le rythme d'apprentissage variait d'un enfant à l'autre. Par exemple, notre fille savait parfaitement lire à 6 ans et demi, notre fils aîné à 5 ans et demi, et notre dernier comprend déjà deux langues alors qu'il n'a pas encore 5 ans. La transmission au sein d'une même fratrie est extrêmement bénéfique, les plus jeunes profitent du savoir de leur aînés et assimilent plus vite, plus naturellement. C'est assez magique.
Une chose est certaine, un enfant qui a du mal à suivre un rythme académique imposé est loin d'être déficient, il n'est juste pas prêt à apprendre ce qu'on lui demande d'apprendre à ce moment-là. 

Comparons. De 1920 à 1970 les enfants étaient libres de jouer avant l'entrée en CP, mettant ainsi en place des bases nécessaires à l'apprentissage de compétences essentielles. Mais aujourd'hui on leur demande déjà de commencer à lire et écrire, suite à une conviction non pas scientifique, mais purement technocrate et de ce fait erronée, c'est-à-dire : si l'enfant commence plus tôt, il fera mieux plus tard. 
En réalité, comme pour un travail qui est mieux effectué avec de bons outils, plus on laisse notre cerveau se développer, mieux il apprend (à l'exception de l'apprentissage d'une langue qui se fait naturellement les premières années de notre vie). 
Imaginez construire une table avec des outils peu performants; même si elle reste possible à monter, la construction sera bien plus ardue et vous risquez d'adopter de bien mauvaises habitudes de travail.
Tenir un crayon, par exemple, est difficile, il faut déjà maîtriser une certaine motricité fine afin d'arriver à le stabiliser et le déplacer à la fois horizontalement et verticalement, motricité qu'un enfant va développer parfaitement si on le laisse libre de l'exercer à son rythme. 
Si nos enfants ont toujours eu des crayons à disposition, nous les avons laissé suivre leurs envies et leur rythme et là aussi ils ont chacun eu le leur. Je n'ai jamais eu d'attente ou de demande à ce sujet. D'ailleurs, mon dernier n'a jamais particulièrement eu envie de dessiner, jusqu'à récemment où il s'est pris d'une passion soudaine pour le coloriage. On ne l'arrête plus ! C'est la première chose qu'il fait en se levant et la dernière chose qu'il fait avant de se coucher, une véritable petite religion. Et il le fait avec une concentration et une précision que je trouve impressionnante pour son jeune âge. 
Il était prêt et il a eu l'envie, voilà tout.  
Les enfants apprennent naturellement, si on les encourage dans leurs explorations, si on ne tempère pas leur curiosité naturelle, si on ne juge pas leurs expérimentations, si on leur laisse le temps d'être et de nous montrer qui ils sont vraiment, ils nous impressionnent par leurs capacités d'évolution rapides et spontanées.
Et vous ? Racontez-moi, comment vos enfants vous surprennent-ils ? 

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